Le 31 mai 2010
Le chanteur d'origine colombienne et ses invités
Le chanteur d'origine colombienne qui a grandi dans le clapotis des bongos et des congas de la salsa new-yorkaise tout en restant attaché aux valeurs d'une certaine chanson engagée (Pablo Milanes, entre autres...) est très vite devenu l'une des voix principales de la salsa, à laquelle il apporte un mélange d'énergie et de modernité jusqu'alors inconnu. Son concert au Châtelet, très attendu, le mettra en scène aux côtés de quelques grandes personnalités du latin jazz.Tarifs 45€ - 30€ - 20€
chant
Yuri Buenaventura
guitare, voix
Lionel Loueke
trombone, coquillages
Steve Turre
trompette
Jose Aguirre
saxophone
Rafael Sandoval
contrebasse
Diego Valdes
piano
Hector "Kike" Purizaga
conga
Javier Ortega
trombone
Daniel Lopez
batterie
Roberto Cuao Rivera
José Aguirre - trompette (Colombie), Rafael Sandoval- saxophone (Colombie), Diego Valdes - contrebasse (Cuba), Hector "Kike" Purizaga - piano (Pérou), Javier Ortega - conga (Colombie), Daniel Lopez - trombone (Colombie), Roberto Cuao Rivera - batterie (Colombie)
Prénom de cosmonaute et patronyme d’un port colombien ouvert au monde: Yuri Buenaventura voit la planète de haut et il a la fibre xénophile. Pour cet ancien étudiant en sciences éco qui frotta ses fonds de pantalon sur les bancs de l’université avant de consacrer sa vie à la musique, le grand Sud, du Brésil au Mali en passant par la constellation Caraïbe est la grande affaire de sa carrière. Il est très rare qu’un musicien / chanteur ouvre à ce point le spectre des styles pour faire résonner sa foi en l’homme à la recherche de ses racines séculaires, celles d’une Afrique qui n’est pas que rêvée: il sait d’où viennent ses ancêtres, il a vu dans son pays ces instruments si proches de ceux du continent oublié. Yuri Buenaventura croit que les expressions musicales s’éclairent mutuellement, qu’elles procèdent les unes des autres: de l’authentique salsa new-yorkaise nourrie aux mamelles du label Fania aux chanteurs engagés du continent sud-américain en passant par les finesses rythmiques propres à Cuba, tous les genres de la latinité sont passés, à un moment ou à un autre, au crible de sa sensibilité militante.
Les amateurs de la première heure qui découvraient la vibration particulière de sa voix au sein du groupe Mambomania, inséparable des nuits torrides du club «La Java» à Paris, n’ont pas oublié que son premier disque d’or est peut être dû à son interprétation extraordinaire du Ne me quitte pas si pathétiquement lié à Jacques Brel. On jugerait pourtant que c’est pour lui que cette chanson a été écrite…
Sa culture musicale lui permet d’embrasser, au cours d’albums multicolores, Elton John, Michel Legrand ou la Mano Negra, mais aussi de croiser le fer avec Cheo Feliciano ou Olivia Ruiz.
Bien sûr, on ne refait pas son destin même si, comme il l’a affirmé un jour avec panache et philosophie : «La fièvre latine qui avait alors gagné l’Europe était une maladie infantile. Aujourd’hui il faut apprendre à grandir.»
C’est précisément ce qu’il s’est attaché à faire dans son dernier album en date, “Cita con la luz”, concocté entre sa Colombie natale et Cuba. Yuri s’y affirme comme un immense chanteur à l’œcuménisme rare, accueillant avec une réussite égale Brésil, Afrique, improvisations jazz, voire le hip-hop et la folk avant de nous rappeler qu’il sait comment lâcher les chevaux sur une descarga mémorable !
Pour ce concert exceptionnel au Théâtre du Châtelet, Yuri Buenaventura a formé un nouveau groupe, emmené par son compatriote trompettiste José Aguirre. Mais non content de risquer la nouveauté, il matérialise sur scène ce qui n’a cessé d’être en filigrane au cours de ses années passées à croiser et décroiser les fils de son héritage : il invite deux créateurs parmi les plus originaux du jazz moderne, eux-mêmes héritiers d’un histoire. D’une part le tromboniste et joueur de coquillages Steve Turre, glorifié lors de sa participation au United Nations Orchestra dirigé par Dizzy Gillespie. Sa carte de visite est stupéfiante: de Ray Charles au big band de McCoy Tyner en passant par Roland Kirk, Art Blakey, Woody Shaw, J.J. Johnson, Lester Bowie et les meilleurs groupes de latin jazz. Au sein de sa formation «Sanctified Shells», en sextet ou en quartet, Steve Turre est signataire d’albums où son souffle et sa poésie ont apporté une fraîcheur inédite. De l’autre Lionel Loueke, guitariste béninois «découvert» par le saxophoniste Wayne Shorter et le pianiste Herbie Hancock qui l’a désormais pris sous son aile protectrice. Sa façon de jouer de la guitare, à la fois percussive et narrative (évoquant quelque souvenir de griot), ainsi qu’une manière naturelle de mêler voix et instrument sont identifiables en quelques notes. Lionel Loueke ouvrira cette soirée en solo, manière pour lui de présenter quelques compositions de son tout nouvel album «Mawliko», à sortir sur le label Blue Note, avant de rejoindre sur scène le groupe de Yuri Buenaventura.





