Stephen Sondheim
Du 15 au 20 février
Comment rêver d’une distribution plus cinématographique pour la création en France d’une œuvre précisément tirée d’un film ?
Stephen Sondheim, compositeur et librettiste américain (on le connaît ici pour les paroles de West Side Story), s’est inspiré du film d’Ingmar Bergman, une de ses rares comédies, Sourires d’une nuit d’été.
Marivaudage entre couples dans la lumière de l’été nordique,c’est une interrogation sur la comédie de l’amour et ses détours inattendus.

Tarifs 95€ - 80€ - 55€ - 35€ - 20€ - 10€
Direction musicale
Jonathan Stockhammer
Mise en scène
Lee Blakeley
Décors
Rae Smith
Chorégraphie
Andrew George
Costumes
Jo Van Schuppen
Lumières
Jenny Cane
Henrik Egerman
David Curry
Anne Egerman
Rebecca Bottone
Fredrik Egerman
Lambert Wilson
Petra
Francesca Jackson
Désirée
Greta Scacchi
Comte Carl-Magnus Malcom
Nicholas Garrett
Comtesse Charlotte Malcom
Deanne Meek
Fredrika Armfeldt
Celeste de Veazey
Madame Armfeldt
Leslie Caron
Mr Lindquist
Damian Thantrey
Ms Nordstrom
Kate Valentine
Mrs. Anderssen
Rachael Lloyd
Mr Erlanson
James Edwards
Ms Segstrom
Daphné Touchais
Frid
Leon Lopez
Musique et Lyrics Stephen Sondheim
Livret de Hugh Wheeler
d’après le film Sourires d’une nuit d’été d’Ingmar Bergman
Orchestre Philharmonique de Radio France
Produit originellement
à Broadway par Harold Prince.
Spectacle présenté en accord avec Josef Weinberger Limited, au nom du Music Theatre
International de New York
Le temps d’un week-end à la campagne dans la somptueuse propriété de sa mère (courtisane jadis honorée par des princes), l’actrice Désirée Armfeldt tente de reconquérir son amour de jeunesse, l’avocat Fredrick Egerman. Ce dernier a épousé Anne, de trente ans plus jeune que lui et encore vierge six mois après leur mariage. Mais l’amant en titre de Désirée, le dragon Carl-Magnus, ne l’entend pas de cette oreille. Il s’incruste avec sa femme Charlotte. Au cours d’une nuit d’été en Suède, sous une aube permanente, les couples vont se reformer différemment : Henrik, le fils tourmenté d’Egerman, s’unit enfin à Anne, Désirée finit par reconquérir Fredrick, et même la servante Petra trouve chaussure à son pied.
Signes particuliers : A Little Night Music est l’un des chefs-d’œuvre du répertoire et une comédie musicale propre à séduire même les fans d’opéra. Par son titre, qui fait référence à Mozart, mais aussi par son sujet emprunté à un film d’Ingmar Bergman (Sourires d’une nuit d’été) et tissé de chassés-croisés amoureux aux parfums doux-amers. De cette comédie qui se souvient à la fois de Tchekhov et de La Règle du jeu de Renoir (elle-même lointainement démarquée du Mariage de Figaro), Hugh Wheeler a tiré un livret d’une drôlerie féroce tandis que Sondheim a signé des lyrics plus spirituels que jamais et une partition qui tourbillonne sur des oum-pa-pa de valses. Mais si le rythme à trois temps domine dès l’ouverture (confiée à un quintette vocal qui jouera ensuite le rôle de «chœur» commentant l’action avec ironie), il n’est pas seul. On y trouve aussi une polonaise pour moquer le dragon fanfaron et une polka dans le finale endiablé du premier acte, où passe une citation du Chevalier à la rose de Richard Strauss. Cette partition d’un grand raffinement comprend certaines chansons parmi les plus populaires de leur auteur : l’ambiguë Night Waltz, le magistral collage de trois monologues formant un trio contradictoire (Now / Soon / Later), un déchirant duo (Every Day a Little Death) et la pavane aux sortilèges ravéliens de la vieille Mme Armfeldt, qui meurt à la fin de la pièce (Liaisons). Enfin, on n’oubliera pas la sublime chanson de Désirée, composée tardivement par Sondheim et devenue un succès planétaire grâce aux reprises de Judy Collins et Barbra Streisand : Send in the Clowns. C’est par le biais de cet ouvrage que la France peut faire enfin connaissance avec Sondheim, puisqu’une nouvelle production en est proposée en 2010 au Théâtre du Châtelet !
C'est une des principales particularités de Stephen Sondheim que celle qui fait de lui l'auteur unique de la partition tout à la fois poétique et musicale de ses oeuvres ; grand musicien, certes, mais aussi lyricist d'un suprême raffinement, manipulateur de mots si subtilement liés à ses mélodies que leur adaptation dans une autre langue que la sienne semble relever d'un impossible pari.
A Little Night Music est un gage d'amour et de reconnaissance qu'envoie Stephen Sondheim à la lointaine et pourtant si familière Europe ; à son carrousel de personnages enveloppés du parfum entêtant d'une fête amoureuse et saisis dans la violence de leur frustration ou celle de leurs désirs assouvis.
Une fête, oui.
De celles dont on ne s'échappe qu'avec regret, même si Stephen Sondheim n'est pas de ces compositeurs dont le public peut fredonner quelque refrain à l'issue de la représentation.
Et pourtant... Parce qu'il est l'homme des paradoxes, l'homme des flops retentissants comme celui des hommages répétés de ses pairs et d'un peuple d'aficionados, on entendra ici, au milieu d'un magnifique collier de perles mélodiques, un authentique «tube», ce «Send in the Clowns» dont, avant bien d'autres, s'empara Frank Sinatra et qui, à lui seul, aurait sans doute assuré la gloire et l'immortalité à Stephen Sondheim.








